Réunion publique 30 juin 2025

Tout d’abord merci aux personnes qui se sont déplacées malgré la forte chaleur.

La réunion s’est ouverte à 18h par une présentation de l’activité professionnelle et de la vie économique que génère le canal du Midi et le Canal latéral à la Garonne du point de vue des personnels. Puis dans la continuité la discussion a apporté une réflexion sur le même sujet mais vu par les élus. Un thème a surgi rapidement sur l’imbrication des moyens de transports, fluviaux, ferroviaires et routiers avec leurs différentes incidences sur le climat. La volonté est réelle pour s’engager à réduire les effets de serre avec par exemple des ports multimodaux.

L’élu communiste de la région, en charge des transports, a insisté sur l’infrastructure fluviale à développer, y compris sur de l’activité de fret qui a complétement disparu du Canal du Midi. Ce canal est un réservoir d’eau pour l’irrigation agricole (à hauteur de 50%), pour autant la polyvalence des missions doit être sauvegardée.
Rappelant qu’avec 150 millions € de dotations en moins, la région Occitanie est dans un contexte budgétaire contraint, la question du financement pour assurer le maintien et le développement du service public sur le Canal du Midi s’est rapidement posée dans les débats.

Alors que le gouvernement vient de lancer une nouvelle grand-messe sur les mobilités intitulée « Ambition France Transport », l’État devrait rechercher des recettes nouvelles plutôt que de faire baisser les dépenses, afin de maintenir l’infrastructure à un bon niveau de réponse aux besoins.
Mais, éclairant de l’intérieur ce sujet, les personnels ont démontré que le débat recettes/dépenses masque une réalité qui est la privatisation des biens publics et du service public. Si la proposition de loi sénatoriale visant à déclasser plus facilement le domaine public du Canal pour faciliter la vente de certaines dépendances semble avoir du plomb dans l’aile, il n’en reste pas moins que VNF privatise tout ce qui est potentiellement rentable ( par exemple l’exploitation de l’énergie hydraulique intégrée via la loi dans les statuts de l’EP depuis 2013 . , tandis que les usagers subissent des hausses de redevances, parfois du simple au double, avec un service public qui se dégrade.

Les usagers présents ont cité plusieurs exemples de travaux réalisés pour améliorer en théorie le service mais qui ont abouti à des résultats délirants, faute de suivi, de maintenance, de coordination entre les différents maîtres d’ouvrage… (dépotage, voierie, accès aux ports…)
L’inquiétude climatique a amené les participants sur l’expression de potentielles solutions.
Maintenant ne reste plus qu’à avoir une prise de conscience collective et des décisions fortes avec des actes de préservation de notre santé et condition de vie. Exemple l’entrée en vigueur au 1er juillet de la loi sur les fortes chaleurs qui améliore les conditions de travail des personnels.
La discussion s’est ainsi enchainée, les liens ont été faits entre privatisation/précarisation/ automatisation/désertification, c’est-à-dire entre statuts et missions.

La suite des débats a été intéressante, ouverte et riche en possibilité d’amélioration.
Alors que seront célébrés en 2026 les 30 ans du classement Unesco, tous ont convenu de la nécessité de mettre en évidence les dangers de l’automatisation pour la satisfaction des besoins des usagers et des riverains
Les enjeux de sécurité et de protection des biens et des personnes dans une région qui a connu des inondations meurtrières sont au cœur des missions assurées par les éclusiers et les agents d’exploitation et les économies sur les logements éclusiers supprimés par VNF sont de très courte vue.
Une priorité est donc de rendre visible ces missions souvent ignorées du grand public.
L’autre priorité est de faire une opération vérité sur les chiffres : la privatisation et l’externalisation coûte cher et font perdre la maîtrise des missions.
Avec un budget prévisionnel de 38 Millions sur le canal du Midi et de 24 Millions sur le canal latéral, l’automatisation crée de surcroît de grandes vulnérabilités car rien n’est prévu pour maintenir toutes ces installations, si ce n’est une externalisation dont les dégâts sont déjà largement documentés.
Le discours de la rentabilité, pour culpabiliser les fonctionnaires et s’affranchir de la réflexion sur les besoins des usagers ou sur notre potentiel de mission se trouve totalement disqualifié lorsqu’on prend le temps d’expliquer depuis l’intérieur ce qui se joue dans nos services.

Pour une première ça donne des idées. Le fait de réunir usagers, agents, et élus, est vraiment utile au débat de fond et la participation de syndiqué.e.s a pesé dans la qualité des échanges.
À poursuivre sur d’autres secteurs, action à réaliser : relancer la pétition contre l’automatisation.
La réunion s’est terminée vers 20h par un pot de l’amitié.

Merci à Madame le maire pour le prêt de la salle.

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