Déclaration liminaire CGT au comité social d’administration (CSA) du 22 mai 2025.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les membres du CSA,

Nous reconduisons ce jour un certain nombre de sujets n’ayant pu être abordés lors du CSA du 24 avril, mais
dans un ordre différent ! Nouveau tirage !

Le tiercé sera-t-il gagnant ? Pour les agents certainement pas.

Avec un premier mauvais numéro, les orientations générales sur la mobilité à VNF
qui vont être totalement revues.

Ce sera notamment :
o Finis les cycles annuels de publication de postes.
o Finie la diffusion des postes susceptibles d’être vacants.
o une responsabilisation et une plus grande implication des managers au niveau local sur la sélection de ses subordonnés.

Si ces nouvelles orientations sont proposées au motif d’une simplification, d’une plus grande transparence et égalité de traitement, c’est bien le contraire qui cela induit. La CGT redoute que ces nouvelles dispositions permettent encore davantage le copinage et les petits arrangements entre « amis ».

Les personnels auront quant à eux « la responsabilité de valoriser leurs compétences et leur expérience professionnelle », ils devront rédiger CV et lettre de candidature… à vos plumes ! Souriez, CLIC !

Pour avoir une chance d’attraper une mobilité, il faudra se tenir au fil de l’eau, et consulter régulièrement les sites internet dédiés. Il faudra également s’assurer que le responsable hiérarchique considère que l’agent ait tenu son poste « pendant une durée suffisante », sans qu’aucune durée maximale ne soit déterminée.

AD VITAM AETERNAM, pourra être inscrit en tant que motif de refus d’une mobilité !

Pour les personnels d’exploitation et de maintenance, sur le terrain, ou la simple consultation de sa boîte mail signifie déjà s’engager dans un parcours du combattant, l’égalité des chances n’y est pas.

La CGT dénonce des conditions de mobilité calées sur des méthodes de recrutement privé,
où le clientélisme risque de devenir la norme,
et la seule subjectivité de l’appréciation des managers la règle.

Pour le second mauvais numéro ce sera la baisse du budget de formation, de l’ordre de 14% dans un contexte de restructuration où pourtant celle-ci est fondamentale.

Tout d’abord, concernant le bilan formation 2024, les nouveaux indicateurs sont peu explicités, peu compréhensibles, et les chiffres présentés difficilement exploitables pour permettre d’en tirer une analyse pertinente.

Le taux global de remplissage des sessions de formation de l’ordre de 56%, interroge.
Si une analyse doit effectivement être portée sur l’attractivité, la qualité de certaines formations, elle doit aussi être portée sur le temps accordé aux agents pour participer aux formations.

De nombreux agents renoncent à se former du fait d’un manque de temps,
du fait d’une surcharge de travail chronique.

Les responsables hiérarchiques ont un rôle essentiel à jouer, en informant mieux les agents sur les formations disponibles, en accordant l’attention nécessaire au sujet lors des entretiens professionnels, mais également en dégageant du temps de formation possible dans le temps de travail.

La CGT alerte sur l’obligation de se former à certains logiciels complexes, dont les agents ne sont pas utilisateurs réguliers, pour des missions qui ne figurent pas dans leur fiche de poste.

La formation ne doit pas être détournée de son objectif réel, en étant utilisée par la hiérarchie pour
réorienter les missions des agents sur de nouvelles tâches et/ou responsabilités.
Créant ainsi une défiance des agents à suivre certaines formations.

Former un agent sur une thématique ne doit pas signifier l’affecter sur un métier, de manière contrainte, et sans possibilité de retour en arrière.

La CGT demande que dans le bilan de formation soit intégré :
o le coût journalier d’une formation interne, et le coût journalier d’une formation externalisée.
o une clarification concernant les formations sécurité prévention, avec une définition claire des formations certifiantes et formations habilitantes obligatoires en précisant la fréquence de renouvellement pour chacune d’elle.

La CGT se félicite que la direction s’engage dans une politique de valorisation des formateurs internes, comme nous la CGT l’avons revendiqué, car elles constituent un atout majeur pour VNF dans son plan de développement des compétences.

La CGT rappelle qu’une intention particulière doit être portée pour préserver et renforcer le vivier de formateurs internes, en leur accordant davantage de temps
et une juste reconnaissance de leur implication au sein du collectif VNF.

La CGT constate néanmoins dans le plan de développement des compétences 2025 l’absence d’offres de formation sur des sujets essentiels, PSC1, gestes et postures, tronçonnage, sécurité des chantiers, chute à l’eau… Pourquoi ces formations ne figurent -elles pas au catalogue 2025 ?

La CGT déplore un budget de formation en baisse pour 2025.
Dans ce contexte budgétaire « un peu contracté » des arbitrages ont été faits. Comment ne pas s’étonner que le sujet de « la lutte contre les RPS » ne soit que doté d’un budget de 25 000€, alors que, par exemple, « l’école du management » bénéficie d’un budget de 110 000€ ?

La CGT a déjà alerté sur les pratiques managériales qui y seront développées, tenant en 4 mots, CONFIANCE, SOLIDARITE, ENGAGEMENT, EXEMPLARITE, et qui pourrait apparaître comme un processus d’inculcation d’idées, d’attitude et de méthodologie de travail venant se heurter de manière brutale à la réalité de nos organisations, à notre capacité de faire, à nos moyens humains et matériels, au mal-être et à la souffrance au travail déjà présents et exprimés par les personnels.

Si une sensibilisation aux RPS devait être dispensée au sein de « L’école du management de VNF », espérons que cette formation des managers ne devienne pas une fabrique à RPS pour les agents,
et les managers eux-mêmes.

Pour le troisième numéro, espérons qu’il soit gagnant pour les agents,
avec la reconnaissance du compagnonnage à VNF.

Celui-ci sera valorisé par une prime de 300€, uniquement pour les agents d’exploitation, qui seront identifiés comme compagnon. Ce dispositif expérimenté en 2025 ayant pour objectif de s’étendre à d’autres savoir faire,
espérons que la direction générale identifie bien en ce sens les métiers de la maintenance,
notamment.

Ce sera le chef d’équipe des agents apprenants et compagnons qui décidera qui sera accompagné et qui sera compagnon.

La CGT redoute que cette nième prime, puisse être versée arbitrairement, toujours aux mêmes bénéficiaires, et ne se transforme en une prime partiale, créant toujours davantage de confusion et de division au sein des équipes.

Le travail collectif qui est toujours davantage malmené par des primes individualisées, et ne compensant jamais la perte du pouvoir d’achat des agents en l’absence de revalorisation salariale.

La CGT note également qui si le compagnonnage porté par la direction générale consiste à préserver les compétences et savoir-faire à VNF, un autre moyen est la non externalisation de nos métiers intrinsèques à la voie d’eau, sur des thématiques bien spécifiques, faucardage, dragage, battage de palplanche, bathymétrie… qui concernent notamment toutes nos interventions avec nos moyens fluviaux, mais également notre ingénierie dédiée à nos ouvrages si particuliers.

Et enfin, numéro complémentaire, perdant, l’état de notre réseau !

Après les inquiétudes sur l’état de notre réseau et les alertes sur les non-conformités de sécurité hydraulique publié dans le rapport de la cour des comptes le 19 février 2025, c’est en urgence que des biefs ont dû être vidés sur les communes de Chagny, en Saône et Loire, ainsi qu’aux abords de Briennon dans la Loire afin d’éviter des ruptures de digue classées « sécurité des ouvrages hydrauliques » (SOH). La navigation est donc arrêtée sur deux itinéraires, le canal du centre et le canal de Roanne à Digoin, pour une bonne partie de la haute saison.

L’alerte a été donnée par les riverains eux-mêmes, ce qui démontre que l’établissement n’est plus en capacité d’assurer ni la surveillance ni l’entretien du réseau dont il a la charge, y compris sur des ouvrages pourtant classés quant à la sécurité publique, et faisant l’objet d’une réglementation forte.

Ce constat déroutant, entraine une mise en danger des riverains de nos voies d’eau, des usagers et bien entendu des agents.

La CGT alerte sur ces situations de non-respect de non-obligation réglementaires.

Des riverains ont dû être évacués de leurs logements pendant plusieurs heures, le temps d’assurer la mise en sécurité du bief.

L’état fortement dégradé de ces digues était connu de longue date par les agents du secteur, avec de nombreuses fuites repérées, pour autant il n’a jamais été effectué de réfection structurelle conséquente.

La CGT demande que soit présenté dans un prochain CSA un état et un bilan des digues classées SOH, sur l’ensemble du territoire, intégrant une programmation prévisionnelle de travaux.

La CGT revendique un réseau régénéré, fonctionnel, permettant de préserver toutes nos infrastructures fluviales, petit et grand gabarit, et notre capacité à assurer la navigation sur l’ensemble du territoire, avec un investissement à la hauteur de ces enjeux, tant financier, qu’humain.

Merci.
Vos élus CGT au CSA central.

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