Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs les membres du CSA,
Acte 2_ vous transformez VNF tout seul.
La CGT vous avait fortement alertés sur les délais indécents de la mise en œuvre de l’acte 2, vous n’avez pas voulu entendre, et voilà ceux-ci déjà dépassés.
Sur la forme, et pour ce qui est du ressenti des participants aux groupes de travail des cahiers de filières :
o Au départ_ « difficulté » / « résignation » / « crainte »
o Pendant_ « inquiétude » / « difficulté »
o Après_ « frustration »
En attendant de connaître le fond, ou de le toucher, avec le résultat des réflexions fortement orientées et contraintes par les arbitrages préalablement rendus à la constitution même des groupes de travail, notamment quant au regroupement vers les directions nationales de certaines filières, la forme et la conduite des groupes de travail n’a pas été à la hauteur des enjeux.
Et ils ne pouvaient pas l’être, tant les délais étaient contraints. Mais le véritable objectif n’était peut-être pas tant de nourrir les réflexions quant à l’efficience de notre organisation, qu’à donner l’illusion de la concertation.
Les cahiers de filière vont créer une organisation en silos, qui, la CGT vous le rappelle, sont des milieux explosifs. A la moindre étincelle, ou friction, c’est l’explosion.
Néanmoins il reste vraisemblablement encore des arbitrages à prendre par la direction générale sur l’organisation des filières avant qu’elle nous soit présentée !
La CGT dénonce ces méthodes. Les organisations représentatives du personnel ne sont qu’informées quant à la modernisation acte 2 et réorganisation de la maintenance, jamais consultées au préalable, alors que nous portons la voix des agents, la connaissance du terrain, et la défense d’un véritable service public de la voie d’eau.
VNF réseau 52_ « La mission de modernisation de la maintenance en chiffres »
0 information des représentants du personnel
0 consultation des représentants du personnel
0 dialogue social
Là encore, comme pour l’acte 2, la direction semble davantage préoccupée par la publication des magazines VNF réseaux 51 et 52 et le maquettage de la modernisation, qu’au dialogue et à l’échange avec les organisations syndicales sur la définition des enjeux de maintenance, et des moyens humains, matériels et financiers d’y parvenir.
Cet engagement au dialogue a pourtant été pris ici même, au sein de cette instance, par M. le directeur des ressources humaines et des moyens.
Ce n’est qu’un engagement non tenu de plus ! Mais peut-être nous dira t ‘on encore que nous avions mal compris !
La CGT ne sera pas une organisation syndicale figurative, elle est représentative des personnels et de leurs intérêts, et elle rappelle à la direction générale ses obligations quant au dialogue social.
La propagande de la modernisation devient de plus en plus indigeste pour de nombreux agents sur le terrain, dont les images sur papier glacé contrastent bien trop fortement avec leur quotidien au bord de nos voies d’eau, ou dans l’exercice de nos missions.
La démultiplication des RPS, mal être et souffrance au travail, qualité de travail empêchée, perte de sens, conflits de valeurs sont de plus en plus présents.
Comment compter vous « moderniser » VNF si vous n’emportez pas l’adhésion de ses personnels ?
Concernant « la trajectoire des effectifs », 2025 marquera l’année où VNF est passé sous le seuil des 4000 agents. Ce sont 1000 agents perdus depuis la création de l’EPA VNF en 2013, la trajectoire est claire, et ne connaît pas d’inflexion.
Pour 2026, ce sera encore 22 ETP en moins, alors que les heures écrêtées pour les agents en horaires variables sont toujours de plus en plus nombreuses, et le volume d’astreintes de plus en plus étouffant.
Toujours moins de personnels, et toujours davantage d’externalisation des missions vers le privé. Quant aux savoir-faire et aux expertises spécifiques encore présentes au sein de VNF, elles seront en partie absorbées par la centralisation des directions au niveau national.
VNF se définit désormais comme une marque… la part d’emploi des personnels privés est toujours plus importante, passant de 8% à 13%, les méthodes de communication, de management, de recrutement et de mobilités calées sur celles du privé.
VNF se privatise toujours davantage, et c’est la préoccupation du service public
et de l’intérêt général qui peu à peu s’estompe.
Fort heureusement, cette conscience est toujours bien présente auprès des agents, sur le terrain, qui, notamment face aux périodes de crues intenses, se sont mobilisés pour assurer la sécurité des populations.
Ces phénomènes climatiques mettent malheureusement en exergue l’état général de notre réseau, avec des budgets de régénération dérisoires face aux besoins et aux enjeux de sécurité notamment.
Si les budgets pour la régénération des ouvrages plongent, c’est toute notre infrastructure qui coule.
La CGT appelle les agents à ne pas se résigner devant la violence de la mise en œuvre des restructurations actuelles, ne poursuivant pas l’objectif de plus d’efficience, mais celui des réductions d’effectifs.
La CGT appelle les agents à s’opposer à la dégradation continue de leurs conditions de travail, et à s’impliquer dans la défense de leur métier, de nos voies d’eau, sur tout le territoire, pour tous nos gabarits, afin que le transport fluvial puisse porter les changements sociétaux indispensables à nos modes de transport de demain, à notre cadre de vie, à notre environnement.
Merci
Vos élus CGT au CSA central
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